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17/12/2011

Le Museum des sciences naturelles

Voilà un endroit hors du temps moderne : un vrai « museum », temple à la science du XIXème siècle. L’édifice lui-même de style pseudo-antique. On rentre par une beau hall rond, et on accède par un escalier en colimaçon aux collections de la faune  disposées au premier étage autour de ce hall. C’est  petit, c’est vieillot, c’est charmant de vétusté et de sciences d’autrefois. Les parquets sont marquetés et craquent un peu sous les pieds, les plafonds en stuc sont bien passés et auraient besoin d’une rénovation des Beaux-Arts.38_1[1].jpg

Les collections sont essentiellement   en rapport avec le Maine-et-Loire et cela donne un côté sympa à la visite pour le nouvel arrivant à Angers: dans la salle des oiseaux il y a beaucoup de grèbes et de canards, un cormoran aussi qui semble venir se réfugier des tempêtes sur les bords de Loire… et une petite collection de perroquets, sans doute le legs d’un collectionneur  angevin ayant donné dans l’exotisme ou d’un retraité des colonies. Il y a aussi  une salle consacrée aux poissons de mer, un gros poisson chat empaillé qui semble prêt à tomber en fétus. La salle des insectes et des papillons évoquent parfaitement la science des entomologistes du XIXème où l’on visait l’ exhaustif : tout observer, tout classer des papillons locaux et les ranger dans tiroirs. La science en marche allait vite faire  le tour du vivant et domestiquer tout cela. Les sommités locales de cette science conquérante ont été directeurs de ce muséum et ont donné leur nom à une salle; gloire éternelle (?) est ainsi rendue à monsieur Gustave Abot et ses papillons. J’ai entrevu un monsieur en blouse blanche qui peut-être donnera ainsi son nom  à une nouvelle branche des collections ! Nouvelle branche ? est-ce possible en ce lieu ? Oui, peut-être, car  il y a un peu de modernité au travers d’une exposition « le Safari Urbain », des photos  d’ animaux de la ville. De jolies couleurs,  des photos où l’ on semble surprendre les animaux, les renards de Londres, un couple d’escargots amoureux, et les vols d’ étourneaux comme à Angers dans les allées du Mail.

Il y a un joli petit jardin dominant le boulevard Carnot (« ne pas se pencher, attention à la falaise »), un joli pignon de maison, et l’ on accède à l’ autre bâtiment, celui de la paléontologie et de la préhistoire, sujets rébarbatifs s’ il en est … Heureusement il y a l’ attraction 3 étoiles du musée, signalée par un panneau comme la Joconde au Louvre, et protégée par une vitrine comme le Régent : c’est la plus grosse pépite d’ or découverte en France. Bon c’est un peu décevant, car elle n’est quand même pas très grosse. Mais là encore, le côté local de la collection est intéressant. J’ ai bien aimé les documents relatifs aux Mines de charbon d’ Anjou exploitées jusqu’en 1964, j’ ai découvert que le massif armoricain s’étendait jusque par ici, et que le sol était plein de granit, de grès et de schistes, et mon cœur de Breton s’est senti réchauffé. Voilà,  finalement, c’était une belle visite, que je vous recommande, et toute cette science pour pas cher, 4 Euros. ..  

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