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18/12/2011

La rue Bressigny

La première rue que j’évoquerai ne sera pas  une de ces fières rues du centre, la rue d’Alsace  ou le boulevard du Maréchal Foch. Ni non plus une de ces jolies rue bordées d’hôtels particuliers, le rue David d’Angers ou la rue Chevreuil. Non, j’ai choisi la rue Bressigny  car c’est une rue qui m’a été bien utile quand je suis arrivé. On y trouve de bons commerçants  traditionnels, des gens du coin, de vrais professionnels, qui vendent de bons produits sans la ramener.  Quand on arrive, il y a là de quoi survivre et même bien vivre,  sans avoir besoin d’aller tout de suite dans les hypermarchés de la périphérie : des boulangers, un bon charcutier, une supérette. Il y a un cordonnier sympa, plutôt bavard et qui a l’air de connaître tout le monde, on s’en aperçoit le temps qu’il vous fasse votre double de clé.

Pas de magasin d’habits ou presque ; cela nous change des rues du Centre ! Bien sûr la modernité est passée par là, la restauration consiste essentiellement en  échoppes de pizzas, pâtes, kebab, sushi …, un magasin de pircing, un autre de photocopies, mais bon, le client est roi.   Il  y a aussi, plus original, un marchand de timbres. Cela se collectionne donc encore les timbres,  la preuve en est qu’il y  a toujours du monde dans ce magasin, de vieux passionnés  penchés sur leurs précieuses vignettes.

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C’est une rue étroite,  les maisons seraient plutôt stylées  si on les regardait au niveau de leur premier étage, mais tout se  passe au rez-de-chaussée dans les lumière s et les couleurs des vitrines, sur les trottoirs encombrés de chalands, dans les effluves du pain chaud ou des brochettes de viande.  Pour compléter  la gamme des sens, les commerçants  sont même allés en ces temps de Noël, un peu trop loin à mon goût  en diffusant de la musique dans la rue, en particulier un « Douce Nuit,  Sainte Nuit » très  sirupeux.

L’ hôtel  où se sont installés les Beaux-Arts, très beau au demeurant ,  surprend un peu dans la perspective et constitue la limite de la partie vraiment commerçante  mais j’aime beaucoup le petit Parc d’Ollone qui derrière,  permet de s’assoir  5 minutes et de se reposer du tournis de la ville.

Un petit bouquiniste très sympa maintient un peu d’activité au-delà des Beaux-Arts avec une jolie vitrine de vieux livres et un intérieur tout encombré. Il y a un petit panneau à côté de la porte du magasin tout rose,  avec une belle démonstration de phonétique multilingue en lettres peintes, une pierre de Rosette de la bouquinerie :  « Livres d'occasion, Segond hand books, Libres de Segundo Mano ».   

A l’angle de la  rue Desjardins, mon œil a été attiré  par  une petite plaque en Néerlandais, et au format des plaques de rue des Pays-Bas, comme si l’on avait rebaptisé la rue en Batave : « Kleverparkweg ».  Je suis allé chercher sur Internet où pouvait se trouver cette rue,   car je ne me rappelle pas cela ni à Rotterdam, ni  Amsterdam.  J’ai trouvé un  Kleverparkweg à Haarlem, mais dans la vieille ville, un peu au-delà de la ceinture des canaux, une rue sans caractéristique particulière.  Quel est le rapport avec la rue de Bressigny ? Mystère.   

Quoiqu’il en soit, voilà,  j’ai rendu hommage à cette rue, qui m’a accueilli à Angers d’une manière sympathique. Au cours des siècles, elle a dû accueillir beaucoup d’autres  nouveaux arrivants  venant de l’est, qui s’arrêtaient là, se reposaient et se préparaient à  faire leur entrée en ville en passant   la porte Saint-Julien (j’imagine qu’il y avait une porte Saint-Julien, non ?). La rue Bressigny, c’est l’équivalent Angevin de la rue du Faubourg Saint-Antoine de Paris ! 

17/12/2011

Le Museum des sciences naturelles

Voilà un endroit hors du temps moderne : un vrai « museum », temple à la science du XIXème siècle. L’édifice lui-même de style pseudo-antique. On rentre par une beau hall rond, et on accède par un escalier en colimaçon aux collections de la faune  disposées au premier étage autour de ce hall. C’est  petit, c’est vieillot, c’est charmant de vétusté et de sciences d’autrefois. Les parquets sont marquetés et craquent un peu sous les pieds, les plafonds en stuc sont bien passés et auraient besoin d’une rénovation des Beaux-Arts.38_1[1].jpg

Les collections sont essentiellement   en rapport avec le Maine-et-Loire et cela donne un côté sympa à la visite pour le nouvel arrivant à Angers: dans la salle des oiseaux il y a beaucoup de grèbes et de canards, un cormoran aussi qui semble venir se réfugier des tempêtes sur les bords de Loire… et une petite collection de perroquets, sans doute le legs d’un collectionneur  angevin ayant donné dans l’exotisme ou d’un retraité des colonies. Il y a aussi  une salle consacrée aux poissons de mer, un gros poisson chat empaillé qui semble prêt à tomber en fétus. La salle des insectes et des papillons évoquent parfaitement la science des entomologistes du XIXème où l’on visait l’ exhaustif : tout observer, tout classer des papillons locaux et les ranger dans tiroirs. La science en marche allait vite faire  le tour du vivant et domestiquer tout cela. Les sommités locales de cette science conquérante ont été directeurs de ce muséum et ont donné leur nom à une salle; gloire éternelle (?) est ainsi rendue à monsieur Gustave Abot et ses papillons. J’ai entrevu un monsieur en blouse blanche qui peut-être donnera ainsi son nom  à une nouvelle branche des collections ! Nouvelle branche ? est-ce possible en ce lieu ? Oui, peut-être, car  il y a un peu de modernité au travers d’une exposition « le Safari Urbain », des photos  d’ animaux de la ville. De jolies couleurs,  des photos où l’ on semble surprendre les animaux, les renards de Londres, un couple d’escargots amoureux, et les vols d’ étourneaux comme à Angers dans les allées du Mail.

Il y a un joli petit jardin dominant le boulevard Carnot (« ne pas se pencher, attention à la falaise »), un joli pignon de maison, et l’ on accède à l’ autre bâtiment, celui de la paléontologie et de la préhistoire, sujets rébarbatifs s’ il en est … Heureusement il y a l’ attraction 3 étoiles du musée, signalée par un panneau comme la Joconde au Louvre, et protégée par une vitrine comme le Régent : c’est la plus grosse pépite d’ or découverte en France. Bon c’est un peu décevant, car elle n’est quand même pas très grosse. Mais là encore, le côté local de la collection est intéressant. J’ ai bien aimé les documents relatifs aux Mines de charbon d’ Anjou exploitées jusqu’en 1964, j’ ai découvert que le massif armoricain s’étendait jusque par ici, et que le sol était plein de granit, de grès et de schistes, et mon cœur de Breton s’est senti réchauffé. Voilà,  finalement, c’était une belle visite, que je vous recommande, et toute cette science pour pas cher, 4 Euros. ..  

13/12/2011

La bibliothèque de la rue Toussaint

angers,bibliothèque,rue toussaintUne de mes premières actions en arrivant  Angers fut d’aller m’inscrire à la bibliothèque de la rue Toussaint. J’aime lire et après  avoir épuisé le petit rayon de livres en Français de la bibliothèque de Rotterdam (où les clichés des Néerlandais sur la littérature française conduisaient à de curieuses accumulations sur quelques noms, Sartre, Beauvoir, Simenon…), j’avais ces dernières années  trop acheté sur Amazon et trop encombré ma bibliothèque perso.  Bref je me réjouissais de retrouver une bibliothèque française. Je n’ai pas été déçu, cette bibliothèque de la rue Toussaint est superbe et bien approvisionnée.

Pour le nouvel arrivant, la bibliothèque, c’est un havre dans la ville que l‘on parcourt en tous sens, , comme les églises, les salons de thé... Celle-ci est de plus très claire, avec une grande verrière donnant sur le jardin du Musée des Beaux-Arts  et le musée David d’Angers.  Cela donne une impression d’ouverture, de calme serein, d’autant plus que la rue des Lices d’où l’on vient en entrant est passante et curieusement bordée par la grande muraille sombre, reste de l’enceinte de la Cité.  

Le personnel est accueillant, gentil,  l’ambiance est zen. Cela doit être bien d’être responsable des RH dans une bibliothèque ou une librairie, j’imagine que l’on a à faire à un  personnel intéressé par le sujet, pas trop conflictuel…   

J’avais apporté une liste de douze titres, des articles découpés dans des journaux sur des livres publiés ces 12 derniers mois. Eh bien ils étaient tous référencés  dans la base de données  de la bibliothèque, beaucoup immédiatement disponibles, d’autres déjà empruntés ou déposés dans les bibliothèques annexes, mais bon je peux attendre un peu. Après le sevrage des Pays-Bas, ce  test-là  m’a fait très plaisir: savoir tous ces livres à ma dispositioin me donne une impression de grande liberté pour  la lecture sur la période à venir. Je vais pouvoir essayer de nouveaux auteurs, picorer et découvrir, sans l'engagement de l'achat, sans le risque d'encombrer ma aison de livres que je ne relirai pas.

Il y avait une classe d’enfants à qui l’on avait  montré le fonctionnement de la bibliothèque et qui sortaient en se tenant gentiment  par la main 2 par 2. Et j’ai pensé qu’une bibliothèque est le lieu social par excellence : un lieu ouvert à tous, où l’on partage les livres  plutôt que d’essayer de les posséder, car seul  le contenu est important, où il n’y a pas de pub, pas de mercantile.  Juste un partage, vraiment un bel endroit.