Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/01/2012

Les pierres angevines

Bien sûr il y a le tuffeau dans toute sa noblesse : blancheur, bloc taillés au carré en assemblages parfaits, ou sculptés somptueusement pour les linteaux et les frontons des hôtels particuliers. Mais le schiste n’a jamais été loin : noir, taille approximative jusqu’à récemment car la pierre se délithe, plus rustique donc,  mais plus accessible. On la voit dans le sol en affleurement au château ou dans la falaise de l’hôtel Demarie qui abrite le muséum des sciences naturelles.

Je ne connais pas leur histoire respective, mais je l’imagine ainsi en observant les bâtiments, et leur emploi.

Dans les époques lointaines, on les combinait  en un assemblage économique : le château est ainsi fait, et aussi les églises, et les maisons anciennes. On a besoin du calcaire pour les pierres d’angles,  les linteaux et entourages de fenêtres,  ou pour faire des chainages sur un bâtiment afin de le renforcer par niveaux. Mais on utilise le schiste, ou d’autres matériaux pour le remplissage, cela suffit bien. Cela donne d’assez jolis patchworks, des alternances de clair et de sombre.  

Il y eut une époque, du  XVIIème au XIXème  peut-être où cette rusticité n’était plus de mise. J’imagine que la ville croissait alors sur des terres plus  élevées, où l’on ne voyait plus le schiste. Angers  était devenue Française et plus riche, on imitait Paris… L'ardoise était dvenue une industrie pour les toits, mais on ne voulait plus voir de cette pierre noire dans les murs. Alors même quand on n’avait pas les sous pour tout faire en tuffeau, on mettait un crépit pour faire croire. J’aime bien aujourd’hui voir  ces maisons lépreuses où sous le crépit qui s’en va, on voit ressurgir le schiste, petite vengeance noire contre la prétention blanche!

Au XXème siècle, le schiste revient.  D’abord  discrètement, les constructeurs l’utilisent  pour les murets, les parties basses, et les pavements quand on arrive à le tailler bien plat avec de nouveaux outils. Puis les architectes modernes en font  un matériau à part entière, il y en a sur les quais  réaménagés de la Doutre dans les bâtiments du quartier Saint-Serge. Il semble même mieux s'associer aux matériaux modernes, acier ou PVC que le tuffeau.  Il y même une fontaine, « le schiste et la rose », qui lui rend honneur et sur laquelle je reviendrai.

C’est un peu comme si on fermait la boucle, ce serait le retour en grâce de la pierre des paysans d’ici. Peut-être que tout cela n’est qu’imagination et ai-je tout faux ? Peut-être qu’un vieil Angevin va me corriger ma copie, mais c’est comme cela que je j’ai vu les pierres d’Angers en ces premiers mois.          

 

22:57 Publié dans La Ville | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.