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17/02/2012

Le musée David d'Angers: un panthéon

Ce devait être un endroit furieusement romantique, comme l’abbatiale de Beauport en Bretagne ou celle de Jumièges en Normandie : des arcs de voutes gothiques cassés dans leur envol et le ciel venu à la place, le vent, les mousses, les herbes qui ont envahi tout cela… et le visiteur qui médite sur le temps !

On nous propose  aujourd'hui dans l’ancienne église de l’abbaye Toussaint une toute autre méditation sur le temps  inspirée par les sculptures de David d’Angers. Toute autre, parce que  sa vision des  hommes de génie montre  une confiance absolue dans le sens de  l’histoire.

Car le monde est en marche vers le progrès, c’est sûr,  avec  le concours de la science (Fresnel, Arago  et ses gros sourcils, Jussieu etc.), des arts  (Hugo hélas,  Balzac aussi,  Goethe qui ressemble à Ludwig van,  Paganini tourmenté etc.), de la politique (Lakanal, le charmant Saint-Just, Armand Carel coiffé à la Ric Hochet)  et de tas de généraux. En fait en regardant tous les noms on couvre la moitié des rues de Paris, plus les hôpitaux et les lycées.  Mais c’est cette partie-là du musée, celle dans l’intimité du chœur où l’on présente les bustes,  que je préfère.

musée david d'angers

On n'y arrive pas tout de suite dans ce panthéon, car dans la nef, c’est un autre monde.  J’avais tourné depuis deux mois autour de ce musée et j’avais bien entrevu qu’il y aurait du monumental… Et je n’ai pas été déçu sur ce point-là : en rentrant, on a à peine payé le ticket que l’on tombe sur du gigantesque (les moules des statues d' Ambroise Paré, de Gutenberg, de Jean Bart avec sa  tête énorme, et le fronton du Panthéon qui barre le tout).  C’est bien éclairé par le toit transparent, il n’y a rien à dire, mais on est un peu écrasé par toutes ces statues conçues pour être dehors et regardées avec beaucoup de recul. Il n’y a que le gisant de Fénelon  (qui ne git pas du tout, mais a l’air plutôt fringuant) qui m’a paradoxalement permis de reprendre mon souffle.

J’aime mieux donc le deuxième partie, quand on passe derrière le fronton du panthéon (et quasiment derrière le front des grands hommes pour pénétrer leur âme). Tiens mais au fait il n’y a pratiquement pas de femmes parmi les bustes (en fait il y en a 2 mais elles n’expriment rien). Normal, si elles étaient jolies, elles n’avaient pas de bosses au crâne, et d’après la phrénologie elles ne pouvaient pas avoir de caractère. CQFD.  Tout était quand même plus simple à l’époque…

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