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30/03/2012

Apocalypse

Je me suis donné du temps avant d’aborder dans ce blog  le « hors catégorie » du patrimoine angevin, la tenture de l’Apocalypse. J'étais allé la voir dès ma première semaine à Angers bien sûr, mais je ne me sentais pas capable d’écrire quoique ce soit à ce moment-là, j’avais besoin de digérer, et d’y retourner. Aujourd’hui je me lance et je résume mes impressions de nouvel observateur ce qui est le but de ce blog.

Ce qui m’a frappé c’est d’abord le côté mystérieux du lieu : on est passé d’abord par le château, et il y a toujours un côté ludique à grimper sur les remparts, à en faire le tour, à imaginer un siège, à admirer le petit carré de vigne entre toitures et ciels. On retombe en enfance à chaque fois.

Mais on descend alors en une sorte de cloitre austère : pierres grises, rythme des colonnes entre les fenêtres,  végétations de buis au carré. Cette architecture m’a rappelé celle utilisée pour certains mémoriaux d’évènements tragiques, de lieux où l’on passe dans une autre dimension…  L’impression se confirme après avoir franchi le sas d’accès à l’espace de la tenture : il fait frais, on est dans la pénombre, il faut du temps pour s’y habituer, les voix résonnent un peu car c’est très haut et vaste. On se prend  à chuchoter.....  

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C’est bien de visiter avec un guide pour comprendre un peu de ce texte de l’Apocalypse qui n’est pas facile,  c’est le  moins qu’on puisse dire et qui ne m’est franchement pas familier. Mais j’ai pris plaisir  aussi à y aller seul une autre fois et me laisser aller à ce mystère,  à simplement regarder sans essayer de trop comprendre.

J’ai bien aimé regarder les animaux, les chevaux en particulier, les monstres, les visages des hommes très expressifs, les campagnes et les villes,  les anges très actifs dans les bagarres. J’ai trouvé la grande prostituée très belle (Saint-Jean aussi m’a-t-il semblé) et comprend qu’on aille se damner pour elle. J’ai été surpris par les alternances des bleus (ou verts autrefois) et des rouges, mais aussi par l’alternance des scènes effroyables  et d’autres plus sereines ou des anges viennent rassurer les justes. Cela m’a fait penser aux Passions de Bach, ou alternent les récitatifs terribles et des chorals confiants et presque sereins. Les maîtres de l'Art ne nous laissent pas seuls et frémissants face à ces textes,  en toute chose ils trouvent aussi de l'espoir. 

Voilà, je ne vais pas en dire plus si ce n’est que c’est bien d’acheter le livre de photos à la librairie, pour mieux voir les détails et pour voir les couleurs de l’envers.   

Et puis si encore une question que je me suis posée : je ne suis pas sûr que les Angevins regardent beaucoup cette tapisserie. Elle est là, c'est l'attraction trois étoiles du Guide Vert tout au centre de la ville mais en fait on tourne souvent autour sans la regarder. Elle attire les touristes certes mais il n’y a pas grande foule  à aller la voir un après-midi de mars, sauf une classe d'école de temps en temps. La difficulté du sujet les rebute sans doute ? Comment  pourrait on rendre cette tapisserie plus présente dans la vie Angevine?  Peut-être pourrait-on utiliser davantage certaines de ses images et les promouvoir dans la ville?  Utiliser certains détails comme symbole de tels ou tels quartiers ou de services de la ville, par exemple, la belle représentation de Jérusalem pour la mairie, ou certains arbres pour les service des jardins etc. ?? 

 

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