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10/04/2012

Gloire et déclin des établissements Bessoneau

Au fil de semaines, presque toutes questions que je me posais en découvrant Angers pour la première fois reçoivent des réponses. Je rattrape mon retard par rapport aux Angevins en apprenant l’histoire de la ville par exemple en consultant Internet (« histoire d’Angers » sur le site de la Mairie ou les sites faisant l’inventaire du patrimoine).  Ce qui est plaisant  c’est de rattraper aussi mon retard quant à  l’histoire récente  en parlant … aux anciens Angevins.

Par exemple la réponse à la question que je me posais quant aux bâtiments modernes de l’avenue Jeanne d’Arc  (côté numéros impairs) m’a été donnée par plusieurs personnes: toute l’histoire de ce quartier est en rapport avec la famille Bessonneau et cela ne fait pas si longtemps que cela que les établissements  Bessonneau  ont disparu. Cela est  resté dans les esprits comme une triste fin.  

Car autant cette entreprise de tissage de toile puis de fabrication de cordes, de câbles métalliques puis synthétiques  était  rapidement devenu un empire au début du XXème siècle (10 000 employés, 59 hectares d’usines aux portes de la ville, exportations mondiales), autant la chute semble avoir été rapide dans les années 1960. L’impact social de cette chute a dû être très lourd.

Les terrains Bessonneau bordaient l’avenue  Jeanne d’Arc et devaient déjà faire un curieux vis-à-vis aux  lotissements en forme  de châteaux des numéros pair. Côté impair il y avait certes à l’entrée de l’allée un lotissement du même style (aux numéros 9 à 33), de jolies maisons construites par M.Bessonneau qui j’imagine devait y loger ses cadres préférés..  à  pied d’œuvre  pour aller réparer les machines  dès qu’il y avait un problème. Il y avait ensuite les jardins de l’hôtel particulier de M.Bessonneau lui-même, encore plus proche pour contrôler l’affaire,  quelques immenses arbres sur la rue Louis Gain sont les témoins de ce passé.  Ensuite c’était l’usine.   Finalement  sur le bord impair de l’avenue Jeanne d’Arc   l’usine a été remplacée  par la sécurité sociale, la caisse des dépôts et 3 petits immeubles  d’habitat social qui doivent être les plus recherchés d’Angers (avenue Jeanne d’Arc, orientés Sud, et en plus ils viennent d’être joliment rénovés).  Les établissements Bessonneau continuaient au-delà de la ligne de chemin de fer (il y éavait un embranchement, c’était bien utile pour expédier les rouleaux de câble) et le centre commercial Espace Anjou est aussi bâti sur leur terrain.

Jeanne d'Arc.jpg

 En remontant le temps, et là il n’y a plus de témoins, je me retrouve à égalité avec les Angevins, l’avenue n’est devenue Jeanne d’Arc qu’au début du XXème siècle :  le square Jeanne d’Arc au bout de l’avenue date de cette époque et la statue de Jeanne date de 1909 (année également de sa béatification).   Je trouve qu’elle a un peu la même pose confiante que le  Roi René par David d’Angers. De plus chacune des 2 statues doit à peu près regarder par dessus la ville dans la direction de l'autre. Jeanne et René ont été contemporains... se sont ils connus pour rester ainsi amis dans leur représentation statuaire? En tout cas, là encore l'industrie fut présente au moment de la création du square: le terrain fut offert par M.Bessonneau et la statue érigée grâce à un legs d'un fabricant de liqueurs M.Giffard.

Mais l’avenue était beaucoup plus ancienne, elle date de 1617. C'était une promenade  bordée d’arbre pour aller dans la campagne et jouer au croquet : le Grand Mail. J'aime bien ces histoires qui ont façonné ce que l'on voit aujourd'hui.

Crédit photo: Quercus 49.

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