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20/03/2012

Angers et Bordeaux

La taille des deux villes n’est bien sûr pas la même  mais je trouve souvent des similitudes entre Angers et GrandTheatre Bordeaux.jpgBordeaux.  Je me suis fait encore cette réflexion dimanche dernier en allant au Grand Théâtre d’Angers assister à l’opéra "Orphée et Eurydice" de Gluck. Le Grand Théâtre de Bordeaux est certes de l'époque classique et objectivement   Victor Louis a réalisé une bien plus belle colonnade pour se façade que ce qu’a fait Monsieur Botrel pour le Grand Théâtre d’Angers. Celui -ci  est plus proche comme style de l’Opéra de Paris (et ceci n’est pas vraiment un compliment de ma part).

Grand Theatre.jpgMais dans les deux villes, il y a ce «Grand Théâtre »  et visiblement une volonté d’avoir  une saison musicale qui tient la route.  Pour ces évênements mondains, il y a aussi un public attitré, un peu bourgeois et grisonnant dans les deux villes… mais s'y joignent  aussi quelques jeunes têtes, les jeunes gens du Conservatoire sans doute.  Pour l'opéra de Gluck, les 3 chanteuses  étaient de qualité, la mise en scène épurée et élégante, peu de décor,  juste de beaux éclairages, l’orchestre était impeccable, en fait ces productions n’ont pas ce petit côté ringard et « cheap » qu’il y avait autrefois dans les opéras montés en  province.   Vraiment rien à dire…  je vous recommande Orphée et Euridyce et je retournerai au Grand Théâtre (...je vais c'est sûr devenir abonné et ne détonnerai pas parmi les bourgeois grisonnants...).

D’autres simlilitudes entre les deux villes : la rue d’Alsace ressemble au cours de l’Intendance en plus court, une grande percée  Hausmanienne dans un fond de ville très ancien, les quartiers XIXème avec des alignements de maisons  bourgeoises un peu austères sur la rue mais avec des jardins cachés (quelle différence y-a t’il entre la rue Saint Genès et la rue des Arènes ?), l’université des années 60 ou 70 excentrée  et  construite  comme un petit Brasilia, le tram qui vient d’arriver, la difficulté avec le fleuve (Bordeaux a une longueur d’avance…).

Peut-être cette proximité vient-elle du style très classique des deux  villes, d’une culture de la terre plutôt qu’industrielle, d'une nostalgie de port, d’une bourgeoisie bien installée, de l'empreinte du religieux ou même de  la lointaine influence anglaise…  allez savoir.

Une différence quand même outre la taille, il y a bien plus de verdure à Angers: pas  d'équivalent de l'étang Saint-Nicolas ou de l' Ile Saint-Aubin aux portes de Bordeaux, il faut aller loin pour respirer... et on trouve alors surtout des pins!

 

27/02/2012

Derrière les façades

Découvrir une ville par ses rues c’est comme croiser une femme…

On ne voit d’elle que ce qu’elle a choisi de montrer : un style, une façade, un maquillage quelquefois.

On peut avec un peu de chance entrevoir un peu plus, avec un petit coup d’œil bien placé. Et l’on rêve alors de ces choses cachées qu’il doit y avoir par derrière. Des jardins secrets,  des pleins et des  creux que l’on ne soupçonnait pas, des abandons et des trésors.

 

La cité (2).jpg

 

C’est à cela que j’ai pensé en entrevoyant les tourelles ou les feuillages par dessus les murs des maisons de la Cité. Hum, hum, était ce bien indiqué comme rêverie en ces lieux très dévôts… ? pourquoi pas après tout ces maisons resteront secrètes,  et c’est très bien comme ça, cela fait presque mille ans que cela dure.

 

 

23/02/2012

Monplaisir

En poursuivant vers le nord dans  la rue de la Chalouère,  on laisse passer  une ou 2  générations de constructeurs   pour arriver aux  urbanistes des années 60, avec le quartier Monplaisir.  Le site Internet de la Mairie dans sa  partie  « découvrir Angers »  (réalisée à partir des archives de la ville, c’est très intéressant, hyper-documenté  à tel point que je me demande pourquoi je tiens ce blog…)  nous apprend que ce quartier s’appelait initialement la ZUP nord...

Effectivement on a bien fait de lui trouver un autre nom, un peu plus vendeur,  comme pour la Roseraie l’autre quartier de la même époque réalisé au sud.  Mais au-delà de ce changement de nom, je me suis dit au cours de cette visite que peut-être,   avec leurs 50 ans d’âge, ces quartiers atteignaient une sorte de maturité plus sereine.

Monplaisir.jpgMais que d’émotions entre-temps :  ces quartiers sont nés avec le baby-boom, à une époque de  croissance à tout va de l’industrie qui exigeait de nouveaux bras.  On y utilisait de nouvelles techniques de construction rapide et de masse, triomphantes certes mais pas encore tout à fait éprouvées dans le temps. Il y eut ensuite la gueule de bois des années 80, après les chocs pétroliers, le début du chômage qui se concentrait là, le vieillissement déjà. Les révisions  drastiques : dans les années 90 on pensait qu’il faudrait raser tout cela, et on l’a fait par endroit (pas à Angers  je pense). Puis est venu la crise des 50 ans avec les révoltes des banlieues en 2007. Mais on a fait aussi  de nouveaux efforts pour ces banlieues, on a débloqué des budgets, employé de nouvelles techniques de rénovation

Alors, on pourra m'accuser de faire de la sociologie à la petite semaine après une visite d’une heure, mais ce que  j’ai vu de ce quartier n’a rien à voir avec les images des cités que j’avais dans la tête (issues des journaux télé sur TV5 vus des Pays-Bas). Les immeubles sont bien entretenus et repeints, les huisseries sont modernes,  il y a des espaces verts bien tenus, des pensées plantées comme partout ailleurs en février et qui vont bientôt fleurir. On voit  des enfants qui jouent dans les jardins, des parents qui prennent le soleil sur les bancs. La police est là, il y a  une mairie annexe, des équipements sportifs, une crèche Tout cela a l’air de marcher. Et la place de l’Europe est plutôt sympa, on a envie de s’arrêter boire une bière à une terrasse.  Alors bien sûr il y doit y avoir des bandes de jeunes, des dégradations le soir, il y a plus de saletés dans la rue qu’ailleurs à Angers, et surtout le chômage et la pauvreté doivent se concentrer dans ces quartier.  

Mais ce n'est pas la zone. C'est la ville, comme ailleurs.