Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/02/2012

La fontaine du dialogue

C’est une petite fontaine placée à un carrefour compliqué de 6 rues piétonnes, la petite place Romain. La statue au-dessus de la fontaine est signée Busato.  Elle représente 2 personnages en toques, sans doute  des lettrés d’une lointaine époque  en train de discuter.  Ils ont tous les 2 les mains ouvertes comme pour souligner l’évidence de leurs arguments, mais je ne suis pas sûr qu’ils  s’écoutent beaucoup l’un l’autre. Ils sont dans le vent, leur manteaux volent  au courant d’air venant de la rue Saint-Laud.

 

fontaine du dialogue,la civette,busato

 

Aux beaux jours on pourra s’assoir au bord de la fontaine et participer au dialogue en compagnie de bien d’autres qui viendront des autres rues.  Il y  a aussi des salamandres sur la fontaine qui doivent bien aimer paresser  au soleil.

Mais en ces temps d’hiver, le dialogue on peut le trouver au café la Civette sur la même place. C’est un café de quartier sympa, avec une population mélangée d’étudiants, de travailleurs, de promeneurs venant des 6 rues et passant là en bonne harmonie quelques instants au chaud.

17/01/2012

La place de la Visitation

Entre l’hyper centre étoile  où l’on trouve essentiellement des magasins de vêtements forcément brillants de tous leurs feux, et le vide des  banlieues résidentielles avec juste quelques planètes de grandes surfaces, il reste des astéroïdes sympas de petits commerces…

J’ai parlé de la rue Bressigny déjà.  Il  y en a deux autres que j’aime bien,  baptisés saintement  la Madeleine et la Visitation.

Les grandes surfaces ont fait davantage de mal au petit commerce en France qu’ailleurs, me semble-t-il.  Il n’y a pas d’hypermarchés aux  Pays-Bas : on va faire ses courses au supermarché du coin, Ed ou Albert Heijn. Ce n’est pas loin, on y va à vélo et il y a toujours quelques commerçants traditionnels autour. Bon c’est vrai, leur choix est limité (Gouda d’un an, 18 mois ou 2 ans…) mais  on a quand même une impression de faire ses courses comme autrefois en France. Nostalgie un peu facile sans doute , après tout on est tous bien contents de ne pas payer trop cher.

Mais donc quand même, c’est drôlement sympa d’aller faire ses courses place de la Visitation, car il  y a là tout ce qu’il faut pour le dîner et avec les vitrines les plus alléchantes d’Angers : charcutier, boucher, fromager, 2 boulangers-pâtissiers, marchand de vin.

place de la visitation,petit commerceEt il y a même un commerce pour la nourriture de l’esprit et c’est mon préféré, la librairie-papèterie Lhériau… Il y a là-dedans tout un joyeux assortiment de fournitures d’école, d’artticle pour écrire , de livres, de cartes et on a l’impression que cela déborde de partout. Ils sont sympas, tout le monde vous dit un grand bonjour quand vous entrez, il vous aide à trouver et l’ambiance est zen (musique de Bach…). Je crois que c’est eux qui avait organisé la conférence avec Philippe Delerm à l’automne à la Catho. Cela leur va bien: "acheter mon prochain livre et autres plaisirs minuscules". Vous croyez que vous aurez cela à Carrefour ou à Casino?

   

 

18/12/2011

La rue Bressigny

La première rue que j’évoquerai ne sera pas  une de ces fières rues du centre, la rue d’Alsace  ou le boulevard du Maréchal Foch. Ni non plus une de ces jolies rue bordées d’hôtels particuliers, le rue David d’Angers ou la rue Chevreuil. Non, j’ai choisi la rue Bressigny  car c’est une rue qui m’a été bien utile quand je suis arrivé. On y trouve de bons commerçants  traditionnels, des gens du coin, de vrais professionnels, qui vendent de bons produits sans la ramener.  Quand on arrive, il y a là de quoi survivre et même bien vivre,  sans avoir besoin d’aller tout de suite dans les hypermarchés de la périphérie : des boulangers, un bon charcutier, une supérette. Il y a un cordonnier sympa, plutôt bavard et qui a l’air de connaître tout le monde, on s’en aperçoit le temps qu’il vous fasse votre double de clé.

Pas de magasin d’habits ou presque ; cela nous change des rues du Centre ! Bien sûr la modernité est passée par là, la restauration consiste essentiellement en  échoppes de pizzas, pâtes, kebab, sushi …, un magasin de pircing, un autre de photocopies, mais bon, le client est roi.   Il  y a aussi, plus original, un marchand de timbres. Cela se collectionne donc encore les timbres,  la preuve en est qu’il y  a toujours du monde dans ce magasin, de vieux passionnés  penchés sur leurs précieuses vignettes.

angers,rue bressigny,commerçants

C’est une rue étroite,  les maisons seraient plutôt stylées  si on les regardait au niveau de leur premier étage, mais tout se  passe au rez-de-chaussée dans les lumière s et les couleurs des vitrines, sur les trottoirs encombrés de chalands, dans les effluves du pain chaud ou des brochettes de viande.  Pour compléter  la gamme des sens, les commerçants  sont même allés en ces temps de Noël, un peu trop loin à mon goût  en diffusant de la musique dans la rue, en particulier un « Douce Nuit,  Sainte Nuit » très  sirupeux.

L’ hôtel  où se sont installés les Beaux-Arts, très beau au demeurant ,  surprend un peu dans la perspective et constitue la limite de la partie vraiment commerçante  mais j’aime beaucoup le petit Parc d’Ollone qui derrière,  permet de s’assoir  5 minutes et de se reposer du tournis de la ville.

Un petit bouquiniste très sympa maintient un peu d’activité au-delà des Beaux-Arts avec une jolie vitrine de vieux livres et un intérieur tout encombré. Il y a un petit panneau à côté de la porte du magasin tout rose,  avec une belle démonstration de phonétique multilingue en lettres peintes, une pierre de Rosette de la bouquinerie :  « Livres d'occasion, Segond hand books, Libres de Segundo Mano ».   

A l’angle de la  rue Desjardins, mon œil a été attiré  par  une petite plaque en Néerlandais, et au format des plaques de rue des Pays-Bas, comme si l’on avait rebaptisé la rue en Batave : « Kleverparkweg ».  Je suis allé chercher sur Internet où pouvait se trouver cette rue,   car je ne me rappelle pas cela ni à Rotterdam, ni  Amsterdam.  J’ai trouvé un  Kleverparkweg à Haarlem, mais dans la vieille ville, un peu au-delà de la ceinture des canaux, une rue sans caractéristique particulière.  Quel est le rapport avec la rue de Bressigny ? Mystère.   

Quoiqu’il en soit, voilà,  j’ai rendu hommage à cette rue, qui m’a accueilli à Angers d’une manière sympathique. Au cours des siècles, elle a dû accueillir beaucoup d’autres  nouveaux arrivants  venant de l’est, qui s’arrêtaient là, se reposaient et se préparaient à  faire leur entrée en ville en passant   la porte Saint-Julien (j’imagine qu’il y avait une porte Saint-Julien, non ?). La rue Bressigny, c’est l’équivalent Angevin de la rue du Faubourg Saint-Antoine de Paris !