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04/03/2012

L'abbatiale Saint-Serge: 2 constructeurs

La dynastie des Jussieu a pour  racines 3 frères médecins ayant  sous Louis XV,  passé leur vie à faire des herbiers, à classer les plantes de France et du monde et à rechercher leur vertus médicinales. Elle a  pour branches multiples une ribambelle de descendants également botanistes qui ont continué leur œuvre.  Cette famille-là  a  bien mérité une rue à côté de tous les Jardins des Plantes de France…   

C’est le cas aussi à Angers, et donc depuis  le Jardin des Plantes et l’ancienne église Saint-Samson, il suffit de suivre  la rue Jussieu sur 100 mètres pour  rejoindre l’abbatiale Saint-Serge qui est l’église du quartier, bien en service celle-là.

Dans cette église on peut prendre une autre leçon de sciences, non pas de botanique celle-là, mais de celle des constructeurs.

saint-serge nef.jpgLa nef est  du XVéme, les piliers sont énormes. L’espace est certes clair car les murs  sont percés de fenêtres dans la partie supérieure. Mais tout cela est lourd, on ne voit même pas les bas-côtés.

  

 

On est attiré par la lumière du chœur au-delà de la sombre croisée du transept.

 

On tombe alors sur une architecture des plus aériennes : 6 colonnes très élancées d’où s’envolent  deSaint-Serge Choeur.jpgs croisées d’ogives dégagent un espace clair et  vaste. Le chevet est plat et d’une grande simplicité. Les murs ont pu être percés sur toute leur hauteur  pour de vastes vitraux car les poussées sont concentrées sur quelques piliers. Cette partie là de l’abbatiale a été construite au XIIIéme siécle, soit deux cents ans avant la nef, au Moyen-Age soit disant époque sombre et de régression.

 

Deux constructeurs ont laissé leurs oeuvres. L’un a osé construire hardiment et a calculé des forces au plus juste. L’autre, 2 siècles plus tard n'a pas été inspiré par son génial prédécesseur. Il n'a pas pris de risque et a donc choisi de donner dans la massif. Le temps est le meilleur juge: 5 siècles plus tard, les 2 parties sont toujours debouts,  et au-delà des styles et des modes, le génie nous parle.

 

 

02/03/2012

Jardin des Plantes: Ancienne église Saint-Samson

On ne s’en étonnera pas vu leur nombre, il y a à Angers beaucoup d’anciens édifices religieux qui ont dû trouver  une autre destination. J’en ai évoqué deux qui sont devenus des musées : le musée David d’Angers et la Collégiale Saint-Martin.  J’en ai découvert un autre tout récemment:  une chapelle gothique est devenue partie de  la maison du quartier Ney Challouères. Il m’a semblé aussi voir dans le centre une maison particulière qui avait des fenêtres en ogive et ce n’est certainement pas une idée d’un architecte moderne.

Saint-Sansom.jpg

Un très bel exemple se trouve dans le Jardin des Plantes : l’ancienne église Saint Samson plus ancienne encore que l’église Saint-Serge d’à côté,  est devenue la cabane à outils du parc. Il faut en faire le tour tranquillement pour admirer ce bel édifice et son usage charmant. La toiture est  curieuse  avec ses doubles pentes, cela ne doit pas être d’origine. Le bas-côté sud a été ouvert par de grandes fenêtres pour faire orangerie. Le chevet disparaît sous les lierres. Le bas-côté nord est plus rustique avec ses pierres frustres, on dirait celui d’une chapelle bretonne de la camagne. Mais le plus joli c’est en regardant sous le porche qu’on le voit :  derrière ce qu'il reste de la réserve de sel du Jardin en cete fin d'hiver,  on peut admirer une très belle porte romane en plein cintre… J'aime bien  cette reconversion champêtre de cette petite église qui assure en meme temps  sa préservation. Cela aurait fait plaisir à Saint-François... en plus, on est juste à côté de l'oisellerie du parc..

 

 

17/02/2012

Le musée David d'Angers: un panthéon

Ce devait être un endroit furieusement romantique, comme l’abbatiale de Beauport en Bretagne ou celle de Jumièges en Normandie : des arcs de voutes gothiques cassés dans leur envol et le ciel venu à la place, le vent, les mousses, les herbes qui ont envahi tout cela… et le visiteur qui médite sur le temps !

On nous propose  aujourd'hui dans l’ancienne église de l’abbaye Toussaint une toute autre méditation sur le temps  inspirée par les sculptures de David d’Angers. Toute autre, parce que  sa vision des  hommes de génie montre  une confiance absolue dans le sens de  l’histoire.

Car le monde est en marche vers le progrès, c’est sûr,  avec  le concours de la science (Fresnel, Arago  et ses gros sourcils, Jussieu etc.), des arts  (Hugo hélas,  Balzac aussi,  Goethe qui ressemble à Ludwig van,  Paganini tourmenté etc.), de la politique (Lakanal, le charmant Saint-Just, Armand Carel coiffé à la Ric Hochet)  et de tas de généraux. En fait en regardant tous les noms on couvre la moitié des rues de Paris, plus les hôpitaux et les lycées.  Mais c’est cette partie-là du musée, celle dans l’intimité du chœur où l’on présente les bustes,  que je préfère.

musée david d'angers

On n'y arrive pas tout de suite dans ce panthéon, car dans la nef, c’est un autre monde.  J’avais tourné depuis deux mois autour de ce musée et j’avais bien entrevu qu’il y aurait du monumental… Et je n’ai pas été déçu sur ce point-là : en rentrant, on a à peine payé le ticket que l’on tombe sur du gigantesque (les moules des statues d' Ambroise Paré, de Gutenberg, de Jean Bart avec sa  tête énorme, et le fronton du Panthéon qui barre le tout).  C’est bien éclairé par le toit transparent, il n’y a rien à dire, mais on est un peu écrasé par toutes ces statues conçues pour être dehors et regardées avec beaucoup de recul. Il n’y a que le gisant de Fénelon  (qui ne git pas du tout, mais a l’air plutôt fringuant) qui m’a paradoxalement permis de reprendre mon souffle.

J’aime mieux donc le deuxième partie, quand on passe derrière le fronton du panthéon (et quasiment derrière le front des grands hommes pour pénétrer leur âme). Tiens mais au fait il n’y a pratiquement pas de femmes parmi les bustes (en fait il y en a 2 mais elles n’expriment rien). Normal, si elles étaient jolies, elles n’avaient pas de bosses au crâne, et d’après la phrénologie elles ne pouvaient pas avoir de caractère. CQFD.  Tout était quand même plus simple à l’époque…