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12/02/2012

Les proportions de la cathédrale Saint-Maurice

cathédrale saint-mauriceLa façade de la cathédrale Saint-Maurice est tout en verticalité, avec ses 4 ordres superposés, les  2 flèches et le  lanterneau central. La modestie du décor (le portail est de plus  invisible actuellement), incite aussi à regarder vers le haut.  Lorsque l’on est de l’autre côté de la Maine, cette hauteur est encore accentuée par la grande montée depuis le fleuve, et les tours de la cathédrale n’ont aucune concurrence comme points hauts sur  la « ligne du ciel de la ville »  (le « skyline »  de la ville comme disent les américains). Tout cela est une vue d’aujourd’hui, pas une volonté de l’architecte bâtisseur : les flèches ont été rajoutées au XVIème siècle, la montée depuis la Maine  fut dégagée au XIXème je crois.

 

A l’intérieur je trouve que c’est le contraire : la nef est moins élancée que cathédrale saint-mauricedans d’autres cathédrales, elle semble en fait aussi large que haute même en tenant compte du bombement des croisées angevines.   Il n’ y a que deux ordres juste séparés par une petite galerie à élégante rambarde de fer qui fait tout le tour de l’édifice. L’ordre du  bas reproduit en décor le grand arc de l’ordre  du haut  qui encadre les vitraux. Je trouve que cela donne de belles proportions à cet intérieur et que cela respire davantage l’harmonie que la volonté d’en jeter plein la vue aux manants qui entrent là de temps en temps.

Mais le décor baroque est venu compliquer l’intérieur :  l’ autel planté à la croisée  avec tous ses ors, le buffet d’orgues soutenus par des atlantes colossaux et l’incroyable chaire néogothique, voilà des décors qui me surprennent en mon retour des terres de réforme.

31/01/2012

Le Musée Jean Lurçat: les diagonales cachées

 Il y a une diagonale de la tapisserie à Angers qui traverse la ville et la Maine. Elle relie le Château et l’hôpital Saint-Jean ou plus précisément  ce que l’un et l’autre de ces hauts  lieux du Moyen-Age abritent : la tapisserie de l’Apocalypse et le Chant du Monde de Jean Lurçat qui en a été inspiré.


Lurcat.jpg

En dédiant cette magnifique salle des malades de l’hôpital Saint-Jean à la présentation de la grande œuvre de Lurçat, la ville d'Angers a créé une autre diagonale : elle relie Angers et le Sud-Est où sont situés les autres lieux où l’on a placé les œuvres d’artistes des années glorieuses,  qui en de grandes fresques ont conjuré la peur et   affirmé leur foi en l’avenir:

Chagall et le message biblique à Nice,carzou.jpg

Picasso à Valloris,

Léger au Mas Saint André à Biot,

Vasarelly à Aix,

Et un autre encore, moins connu mais qui me semble le plus proche de Lurçat, Carzou à Manosque.

Souvent on a associé l’art contemporain et l’art sacré ancien et c’est presque toujours réussi. Cela l’est  à Angers.

23/01/2012

Lea Collégiale Saint-Martin: voyage en archéologie

J’aime bien le titre d’un des 2 circuits  proposés par l’Audio-Guide de la Collégiale Saint-Martin « voyage en archéologie », car c’est bien là le grand intérêt de cette visite : faire lire les différentes époques, les différents édifices même  qui aboutissent àcette collégiale.

Collegiale Saint-Martin.jpgOn découvre la collégiale d’abord de l’extérieur par sa façade sur le rue Saint-Martin : pignon de pierre rustique, arc  roman de la porte en alternance de brique et de tuffeau. On apprend plus tard que cette façade est moderne, qu’il a fallu détruire une maison de commerce   qui était à cette place-là, dans la continuité des autres maisons de la rue. On entre dans la nef, et avant de se poser des questions sur certains  piliers en schiste, sur le chœur gothique et la nef romane, les plafonds en bois ou voutés d’ogive,  on est frappé de la beauté de cet édifice,  de sa clarté, de son style. On a retrouvé une église dans les années 1980 alors qu’il n’y avait plus qu’un chœur, et que tout avait bien failli disparaître au début du XIXème siècle.

Le voyage, c’est alors de nous faire découvrir les traces des différents édifices, 4 églises successives en remontant le temps, en fait en descendant sous terre. De nous faire remarquer les ogives bombées angevines  des 2 dernières croisées. Ou le rehaussement des murs du transept du temps du roi René.  Et de nous faire comprendre que finalement tout édifice ancien, pas seulement celui-là,  est le fruit d’une longue suite de constructions, modifications, agrandissements et de vicissitudes, effondrements, abandon, destructions et reconstructions.

C’est vraiment bien fait et très didactique (il y avait une école qui visitait en même temps et ils avaient l’air de bien s’intéresser).  Et je vois le travail d’un archéologue d’un autre œil au terme de cette visite : c’est une enquête où l’on cherche les indices d’une très longue histoire qui s’entremêle dans le temps et l’espace. Naïvement,  je n’en reviens pas qu’il s’y retrouve dans toute cette complexité. Quant à la réhabilitation de l’édifice, j’imagine les questions que l'on doit se poser: quelle époque privilégiée?  Comment montrer les restes du très ancien sans nuire au plus récent ?  Jusqu’où aller dans l’imitation, la reconstruction ? Mais le résultat est superbe.   De presque plus rien,  on a fait un des plus beaux monuments d’Angers.