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08/03/2012

L'Eglise Réformée et le magasin de décors

Au Pays-Bas on visite souvent des églises dans lesquelles la révolte iconoclaste de 1566 inspirée par Calvin a fait disparaître les têtes des statues et les riches tableaux de saints qu'il y avait autrefois. La répression qui s’ensuivit par le Duc d’Albe représentant du roi d’Espagne qui régnait sur le pays, et  la « révolte des Gueux »  en réponse furent les éléments fondateurs  des Provinces Unies. Ces épisodes  sont donc appris à l’école par tous les petits Néerlandais, comme nous apprenons le baptême de Clovis.

Plus tard  la coexistence plus apaisée du catholicisme et du protestantisme a conduit à une certaine modestie des églises catholiques : peu de baroque aux Pays-Bas !  Et même certaines églises  catholiques sont très discrètes comme par exemple « ons Heer op Zolder»  (littéralement « notre Père du grenier» ) une drôle d’église à visiter à Amsterdam.

http://www.opsolder.nl

C’est à cette histoire-là  que j’ai pensé en regardant la porte de l’ Eglise Réformée d’Angers dans le joli  passage du musée et sa curieuse mitoyenneté.

eglise réformée,gueux,guerre de 80 ans,onse heer op zolder

Car à côté de cette petite porte à droite, il y a le grand portail sur la gauche d’un "Magasin de Décors"  de je ne sais quel théâtre.  Les iconoclastes d’Angers n’auraient eu qu’à faire un petit déménagement de toutes les statues et tableaux d’un côté à l’autre. Une bien plus paisible opération quer celle des Pays-Bas qui a débouché sur une guerre de quatre-vingts ans! 

Noter aussi sur la photo que le petit lampadaire entre les 2 portes est assez ridicule... on dirait un poireau planté dans une corbeille de fruits!

 

06/03/2012

Le bas du pavé

3 rues partent en éventail de la place Molière formant un triangle en bord de Maine, tout proche mais  un peu à part du reste du centre d’Angers : la rue Thiers, la rue Maillé et la rue Boisnet me semblent constituer le bas du pavé...  J’imagine que ces zones-là étaient inondables et sont longtemps restées des quartiers ouvriers. On voit des bâtiments qui devaient être d’anciennes  usines, des garages, de pauvres maisons de rapport.  Il en résulte un quartier tout mélangé qui sans doute va évoluer rapidement : sa situation est trop belle pour ne pas attirer des promoteurs.

La rue Thiers a déjà basculé, bordée d’un côté par une banque, de l’autre par un parking et plus loin des immeubles modernes, le tram y passe qui va desservir les nouveaux quartiers Saint-Serge. Il n’y a déjà plus dans cette rue grand caractère.  C'est une voie de passage où l'on ne s'arrête pas.

La rue Boisnet est presque bourgeoise dans son début, les immeubles  sont hausmaniens, il y a des arbres encore un peu maigrelets formant boulevard. Mais cela change en avançant et on sent un passé différent : les immeubles sont plus disparates, les alignements moins parfaits. Et au bout  on tombe sur 2 bars du style de ceux de Dodo la Saumure; une affiche indique sur l'un que l’on y recrute des hôtesses…  Voilà donc semble t'il le (modeste) quartier chaud d'Angers...  

La rue Maillé entre les deux est la plus préservée dans le style de son passé ouvrier. Il y a un côté triste  dans certains bâtiments trop pauvres et insalubres que l’on devra,  c’est sûr,  détruire.  Mais au milieu de la rue au numéro 21, il  y a un drôle d’endroit: la librairie associative Les Nuits Bleues qui vend des bouquins anarchistes, libertaires ou altermondialistes. Elle est  associée à un réparateur de vélos, le tout faisant également  salon de thé !!

rue maillé,rue thiers,rue boisnet,les nuits bleues

Cet endroit est  très cool et l'accueil sympa,  même quand on n’est pas révolutionnaire! Il me semble qu’il n’y a pas trop d’endroits de ce style à Angers (il y en a beaucoup aux Pays-Bas, les Néerlandais adorent  ça, ils ont souvent conservé la nostalgie de leurs rêves étudiants et y retournent volontiers avec un petit joint le week-end).

Alors j’espère que l’on arrivera à garder un peu du style de ce quartier dont cette librairie est le symbole. Tout le monde n'habite pas dans des hotels particuliers...  un peu de modestie dans le centre est nécessaire aussi.

 

27/02/2012

Derrière les façades

Découvrir une ville par ses rues c’est comme croiser une femme…

On ne voit d’elle que ce qu’elle a choisi de montrer : un style, une façade, un maquillage quelquefois.

On peut avec un peu de chance entrevoir un peu plus, avec un petit coup d’œil bien placé. Et l’on rêve alors de ces choses cachées qu’il doit y avoir par derrière. Des jardins secrets,  des pleins et des  creux que l’on ne soupçonnait pas, des abandons et des trésors.

 

La cité (2).jpg

 

C’est à cela que j’ai pensé en entrevoyant les tourelles ou les feuillages par dessus les murs des maisons de la Cité. Hum, hum, était ce bien indiqué comme rêverie en ces lieux très dévôts… ? pourquoi pas après tout ces maisons resteront secrètes,  et c’est très bien comme ça, cela fait presque mille ans que cela dure.