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17/01/2012

La place de la Visitation

Entre l’hyper centre étoile  où l’on trouve essentiellement des magasins de vêtements forcément brillants de tous leurs feux, et le vide des  banlieues résidentielles avec juste quelques planètes de grandes surfaces, il reste des astéroïdes sympas de petits commerces…

J’ai parlé de la rue Bressigny déjà.  Il  y en a deux autres que j’aime bien,  baptisés saintement  la Madeleine et la Visitation.

Les grandes surfaces ont fait davantage de mal au petit commerce en France qu’ailleurs, me semble-t-il.  Il n’y a pas d’hypermarchés aux  Pays-Bas : on va faire ses courses au supermarché du coin, Ed ou Albert Heijn. Ce n’est pas loin, on y va à vélo et il y a toujours quelques commerçants traditionnels autour. Bon c’est vrai, leur choix est limité (Gouda d’un an, 18 mois ou 2 ans…) mais  on a quand même une impression de faire ses courses comme autrefois en France. Nostalgie un peu facile sans doute , après tout on est tous bien contents de ne pas payer trop cher.

Mais donc quand même, c’est drôlement sympa d’aller faire ses courses place de la Visitation, car il  y a là tout ce qu’il faut pour le dîner et avec les vitrines les plus alléchantes d’Angers : charcutier, boucher, fromager, 2 boulangers-pâtissiers, marchand de vin.

place de la visitation,petit commerceEt il y a même un commerce pour la nourriture de l’esprit et c’est mon préféré, la librairie-papèterie Lhériau… Il y a là-dedans tout un joyeux assortiment de fournitures d’école, d’artticle pour écrire , de livres, de cartes et on a l’impression que cela déborde de partout. Ils sont sympas, tout le monde vous dit un grand bonjour quand vous entrez, il vous aide à trouver et l’ambiance est zen (musique de Bach…). Je crois que c’est eux qui avait organisé la conférence avec Philippe Delerm à l’automne à la Catho. Cela leur va bien: "acheter mon prochain livre et autres plaisirs minuscules". Vous croyez que vous aurez cela à Carrefour ou à Casino?

   

 

09/01/2012

La rue David d'Angers

Voici une rue qui, je trouve,  mélange les plus belles choses et des plus ratées.

Le début de la rue quand on le voit depuis la très commerçante et donc très clinquante rue Lenepveu attire forcément, comme un départ pour ailleurs,  pour un saut dans l’espace-temps.  La rue étroite monte ferme entre des maisons anciennes, la chaussée est joliment  pavée, de belles pierres protègent les pieds d’angles. Mais pourquoi le Bar Soleil et Café est-il allé mettre une si  vilaine enseigne en couleurs agressives, de rouge et de jaune. On peut très bien faire du commerce dans une vieille rue sans la défigurer, la preuve en sont la crêperie en face et surtout le magasin l’Occitane plus haut à gauche: on peut  jeter un coup d’œil sur sa jolie cour, et même s’y attarder car il y a là un banc qui invite à la contemplation. Il faut aller à l’Occitane mais je boycotte Soleil et Café tant qu’il n’aura pas revu son enseigne !

Rue David d'Angers,Occitane,Place FallouxOn arrive sur une drôle de petite place, la place Falloux (logique qu'on lui ait trouvé une place ici,  dans un centre-ville où il semble qu’il n’y en ait que pour une multitude de saints et d’ordres…). La place Falloux donc, quand on a monté un peu et que l’on se retourne  c’est un théâtre : à droite la sortie du passage des cordeliers, avec 2 petites statues charmantes. En face, le portail redoutable d’un hôtel. Avec ses gros clous, il n’a presque rien à envier au portail de la prison, mais  il est dominé par une jolie galerie et l’hôtel derrière est d’évidence de toute beauté. Entre le passage et l’hôtel, un grand mur plein, mélangeant tous les appareils de vieilles pierres. Mais pourquoi est on allé goudronner cette place Falloux, jusqu'à y  dessiner un ridicule rond blanc. Veut on nous faire croire qu'il s'agit là d'un rond-point?  Si oui, il décroche haut la main le trophée du plus inutile rond-point, et pourtant il y a de la concurrence depuis quelques années.

La partie centrale de la rue est moins jolie, les bâtiments moins anciens,  trop hauts,  écrasent  le passant. En continuant, on trouve de nouveau à partir de la rue Chevreuil de beaux bâtiments. J’aime bien la maison du relieur tout en grandeur noble, elle rappelle un peu l’Italie, et j’aime aussi l’hôtel particulier au-delà avec  un porche quelque  peu hors de proportion. Mais tout cela est mélangé avec  du béton, des garages, de pauvres bâtiments sur les côtés. On vient de refaire la chaussée et on y a mis du bitume, et des lignes blanches de nouveau, pour nous faire croire cette fois  qu’il y a une piste cyclable et une zone piétons ?  Je crois  que c’est une erreur de l’avoir joué à l’économie : un beau pavé sur toute la rue l'aurait  unifié de bas en haut, complétant ainsi  l'éclairage publique qui est plutôt réussi, on aurait rapproché le haut mélangé du bas somptueux.  Et les quelques voitures qui passent auraient été tout aussi prudentes sur une chaussée pavée.  Dommage. Mais j’aime bien cette rue  quoiqu’il en soit.

 

18/12/2011

La rue Bressigny

La première rue que j’évoquerai ne sera pas  une de ces fières rues du centre, la rue d’Alsace  ou le boulevard du Maréchal Foch. Ni non plus une de ces jolies rue bordées d’hôtels particuliers, le rue David d’Angers ou la rue Chevreuil. Non, j’ai choisi la rue Bressigny  car c’est une rue qui m’a été bien utile quand je suis arrivé. On y trouve de bons commerçants  traditionnels, des gens du coin, de vrais professionnels, qui vendent de bons produits sans la ramener.  Quand on arrive, il y a là de quoi survivre et même bien vivre,  sans avoir besoin d’aller tout de suite dans les hypermarchés de la périphérie : des boulangers, un bon charcutier, une supérette. Il y a un cordonnier sympa, plutôt bavard et qui a l’air de connaître tout le monde, on s’en aperçoit le temps qu’il vous fasse votre double de clé.

Pas de magasin d’habits ou presque ; cela nous change des rues du Centre ! Bien sûr la modernité est passée par là, la restauration consiste essentiellement en  échoppes de pizzas, pâtes, kebab, sushi …, un magasin de pircing, un autre de photocopies, mais bon, le client est roi.   Il  y a aussi, plus original, un marchand de timbres. Cela se collectionne donc encore les timbres,  la preuve en est qu’il y  a toujours du monde dans ce magasin, de vieux passionnés  penchés sur leurs précieuses vignettes.

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C’est une rue étroite,  les maisons seraient plutôt stylées  si on les regardait au niveau de leur premier étage, mais tout se  passe au rez-de-chaussée dans les lumière s et les couleurs des vitrines, sur les trottoirs encombrés de chalands, dans les effluves du pain chaud ou des brochettes de viande.  Pour compléter  la gamme des sens, les commerçants  sont même allés en ces temps de Noël, un peu trop loin à mon goût  en diffusant de la musique dans la rue, en particulier un « Douce Nuit,  Sainte Nuit » très  sirupeux.

L’ hôtel  où se sont installés les Beaux-Arts, très beau au demeurant ,  surprend un peu dans la perspective et constitue la limite de la partie vraiment commerçante  mais j’aime beaucoup le petit Parc d’Ollone qui derrière,  permet de s’assoir  5 minutes et de se reposer du tournis de la ville.

Un petit bouquiniste très sympa maintient un peu d’activité au-delà des Beaux-Arts avec une jolie vitrine de vieux livres et un intérieur tout encombré. Il y a un petit panneau à côté de la porte du magasin tout rose,  avec une belle démonstration de phonétique multilingue en lettres peintes, une pierre de Rosette de la bouquinerie :  « Livres d'occasion, Segond hand books, Libres de Segundo Mano ».   

A l’angle de la  rue Desjardins, mon œil a été attiré  par  une petite plaque en Néerlandais, et au format des plaques de rue des Pays-Bas, comme si l’on avait rebaptisé la rue en Batave : « Kleverparkweg ».  Je suis allé chercher sur Internet où pouvait se trouver cette rue,   car je ne me rappelle pas cela ni à Rotterdam, ni  Amsterdam.  J’ai trouvé un  Kleverparkweg à Haarlem, mais dans la vieille ville, un peu au-delà de la ceinture des canaux, une rue sans caractéristique particulière.  Quel est le rapport avec la rue de Bressigny ? Mystère.   

Quoiqu’il en soit, voilà,  j’ai rendu hommage à cette rue, qui m’a accueilli à Angers d’une manière sympathique. Au cours des siècles, elle a dû accueillir beaucoup d’autres  nouveaux arrivants  venant de l’est, qui s’arrêtaient là, se reposaient et se préparaient à  faire leur entrée en ville en passant   la porte Saint-Julien (j’imagine qu’il y avait une porte Saint-Julien, non ?). La rue Bressigny, c’est l’équivalent Angevin de la rue du Faubourg Saint-Antoine de Paris !