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23/02/2012

Monplaisir

En poursuivant vers le nord dans  la rue de la Chalouère,  on laisse passer  une ou 2  générations de constructeurs   pour arriver aux  urbanistes des années 60, avec le quartier Monplaisir.  Le site Internet de la Mairie dans sa  partie  « découvrir Angers »  (réalisée à partir des archives de la ville, c’est très intéressant, hyper-documenté  à tel point que je me demande pourquoi je tiens ce blog…)  nous apprend que ce quartier s’appelait initialement la ZUP nord...

Effectivement on a bien fait de lui trouver un autre nom, un peu plus vendeur,  comme pour la Roseraie l’autre quartier de la même époque réalisé au sud.  Mais au-delà de ce changement de nom, je me suis dit au cours de cette visite que peut-être,   avec leurs 50 ans d’âge, ces quartiers atteignaient une sorte de maturité plus sereine.

Monplaisir.jpgMais que d’émotions entre-temps :  ces quartiers sont nés avec le baby-boom, à une époque de  croissance à tout va de l’industrie qui exigeait de nouveaux bras.  On y utilisait de nouvelles techniques de construction rapide et de masse, triomphantes certes mais pas encore tout à fait éprouvées dans le temps. Il y eut ensuite la gueule de bois des années 80, après les chocs pétroliers, le début du chômage qui se concentrait là, le vieillissement déjà. Les révisions  drastiques : dans les années 90 on pensait qu’il faudrait raser tout cela, et on l’a fait par endroit (pas à Angers  je pense). Puis est venu la crise des 50 ans avec les révoltes des banlieues en 2007. Mais on a fait aussi  de nouveaux efforts pour ces banlieues, on a débloqué des budgets, employé de nouvelles techniques de rénovation

Alors, on pourra m'accuser de faire de la sociologie à la petite semaine après une visite d’une heure, mais ce que  j’ai vu de ce quartier n’a rien à voir avec les images des cités que j’avais dans la tête (issues des journaux télé sur TV5 vus des Pays-Bas). Les immeubles sont bien entretenus et repeints, les huisseries sont modernes,  il y a des espaces verts bien tenus, des pensées plantées comme partout ailleurs en février et qui vont bientôt fleurir. On voit  des enfants qui jouent dans les jardins, des parents qui prennent le soleil sur les bancs. La police est là, il y a  une mairie annexe, des équipements sportifs, une crèche Tout cela a l’air de marcher. Et la place de l’Europe est plutôt sympa, on a envie de s’arrêter boire une bière à une terrasse.  Alors bien sûr il y doit y avoir des bandes de jeunes, des dégradations le soir, il y a plus de saletés dans la rue qu’ailleurs à Angers, et surtout le chômage et la pauvreté doivent se concentrer dans ces quartier.  

Mais ce n'est pas la zone. C'est la ville, comme ailleurs.

 

30/01/2012

La prison d'Angers

On peut difficilement faire plus sinistre que la prison d’Angers. Si vous  voulez vraiment  impressionner des enfants pas sages en leur montrant ce qui arrive quand on sort du droit chemin, faites leur faire le tour de la prison.

Prison.jpgL’entrée de la prison est un petit bâtiment à  2  tours orthogonales  à meurtrières. C’est un de ces bâtiments lépreux dont le schiste réapparaît sous le crépit. La  porte de bois  avec ses gros clous ressemble à une porte de donjon du moyen-âge. Pour ajouter à l’ambiance une plaque rappelle que pendant la guerre des résistants ont été torturés en ce lieu.  On a agrémenté l’entrée des drapeaux français  et européens. Je ne crois pas que ce bâtiment ne fasse honneur ni à l’une ni à l’autre.

Quand on fait le tour de la prison, on tombe sur la rue plus sinistre d’Angers aimablement dédiée à Emile Zola. Il y a Rue Emile Zola.jpgeffectivement une tentation d’aller finir sa journée à l’Assommoir quand on habite là : un côté de la rue n’est fait que d’un mur sombre de 10 mètres de haut. Heureusement il semble qu’il n’y ait que des garages de l’autre côté de la rue.

On a caché à la ville cette prison en construisant une grande barre de logements en un arrondi  qui englobe toute la face sud. De l’autre côté de cette barre, du boulevard Saint-Michel ou du Jardin des Plantes,  on ne voit donc plus la prison.   De sorte qu’il doit y avoir des appartements dans cette barre où l’on voit d’un côté la prison et de l’autre le Jardin des Plantes… une des plus belles vues d'Angers d'un côté et la  plus moche de l'autre. J’imagine qu’il doit y avoir des familles où la répartition des chambres de l’appart entre les frères et sœurs fait l’objet de débats intéressants!

D’une manière moins anecdotique, cette prison lépreuse cachée est le témoin d’un approche bien différente de celle des Pays-Bas: les Néerlandais, avec leur fond calviniste, n’ont pas d’état d’âme à regarder  les faces cachées  de la société et à les gérer comme le reste. On parle donc  beaucoup là-bas  (au point que cela nous choque nous les Français) de la prostitution, de la mort, de la drogue et donc aussi de la prison.  On y met le budget qu’il faut, il n’y a pas de surpopulation, on ne les cache pas, et surtout on essaye d’y réhabiliter les gens pas juste de s'en débarrasser.  Je crois que l’on pourrait s’inspirer de cela en France.

Bon tout compte fait, non, je vous déconseille tout à fait  de faire  ce tour-là avec vos enfants, aussi casse-pieds qu’ils aient pu être cet après-midi. Ils ne peuvent pas mériter cela.  

 

03/01/2012

Benchmark des Bureaucrates

 

C’était  une épreuve que je redoutais à mon retour en France, la confrontation avec les administrations. Rien d’original en cela, on est tous conditionnés à cette critique nous les Français : on attend de l’Etat qu’il résolve tout mais on n’en  pense pas moins quant à l’efficacité de ses représentants. Voilà dont un petit  « Benchmark »  (comme on dit dans l’Industrie) de mes contacts  avec les administrations.

 

Le pire c’est la Sécurité Sociale : pas d’accueil pour vous donner la liste des pièces  qu’il vous faudra (« zavez qua aller sur Internet pour savoir… »), pas de ticket d’appel, il faut donc se mettre debout dans la queue, on attend assez longtemps et on se retrouve debout à un guichet face à un ou une bureaucrate assis  (aimable au demeurant quand on a bien tous les papiers qu’il faut). Mais un mois après je n’ai toujours pas ma carte de Sec-Soc  et ne sais absolument pas où en est mon dossier. Quel contraste avec les administrations Néerlandaises  qui m’envoyaient un accusé de réception de ma demande  et  un numéro à appeler pour toute question. Zéro pointé donc pour la Sec Soc.

 

3 points pour la préfecture : les horaires sont  limités et il y a du monde mais, quelqu’un a pensé à faire un petit planning des heures de pointes, Vert/Orange/Rouge.  Il y a aussi un distributeur de tickets d’ordre, on peut donc aller s’assoir. Et surtout il y a deux dames à l’accueil qui évitent le Kafka des queues inutiles. Elles  font un utile tri de premier niveau, l’une d’elle est même allée « dans les bureaux» chercher le formulaire qui correspondait à ma situation hors norme ( ?!) d’immigré européen.

 

6/8 points  pour les Finances à la Cité Administrative. Ils viennent de déménager dans de nouveaux bureaux , d’où la note en évolution. On était déjà plutôt bien reçu dans les anciens bureaux. Mais c’est encore mieux dans les nouveaux.  Là encore quelqu’un vous  dispatche très efficacement entre les différents guichets, et c’était un monsieur aveugle qui était à ce poste-là quand je suis arrivé. Il a tout de suite compris ma demande, je n’ai pas attendu. Et c’est bien que la fonction publique soit exemplaire dans l’emploi des handicapés.

 

Mais le top du top c’est la mairie. On est reçu assis dans des petits boxes, on fait à peine la queue, le personnel est exquis avec les administrés, on vous donne un rendez-vous  pour une demande de passeport ou une carte d’identité, et on vous envoie un SMS (une administration qui m’envoie un SMS, j’ai cru rêver…) pour m’informer que le document est prêt. 10 sur 10 donc pour la Mairie, à tel point que je me suis demandé si ce n’était pas trop bien… il va falloir que je regarde de près les impôts locaux. La boucle est bouclée, je reste un bon râleur de Français.

 

Mais non finalement, je ne râle pas trop : partout j’ai rencontré des fonctionnaires plutôt agréables et aidants et  qui bossaient  dur. J’en ressors plutôt confiant dans notre fonction publique. C’est juste l’organisation qui pourrait être un peu améliorée par endroits, mais cela, c’est pour leurs chefs !

 

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