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20/04/2012

La ville du futur

L’image de la Ville a toujours été ambigüe.

Dans la bible il y a beaucoup de villes maudites, Babel, Gomorrhe, Babylone et une seule ville sainte, Jérusalem. La tapisserie de l’Apocalypse montre bien ces deux faces…

Au Moyen-Age, la forêt était un lieu de peur, un repère de brigands, de sorcières et de démons, et les campagnes étaient souvent des lieux de pauvreté.  La ville était un refuge certes, et avec des richesses, des marchés, des artisans. Mais il suffit d’aller se promener dans la Cité ou dans la Doutre pour voir que là aussi, régnait la peur : les foyers s’abritaient derrière de grands murs, il ne devait pas faire bon se promener la nuit dans les rues.

Depuis Rousseau on idéalise la nature. Nous autres Français en particulier qui avons tous un grand-parent ou un arrière-grand-parent de la campagne,  idéalisons  intuitivement les campagnes en une nostalgie un peu infantile.

Mais les évidences sont là : pour bien faire vivre une population avec les besoins modernes d’eau, d’énergie, de services, d’accès au travail,  etc. la ville est infiniment plus efficace écologiquement que l’habitat dispersé ou les villages! Et une ville conçue avec toutes les techniques modernes de développement durable l’est encore plus…

Pour s’en convaincre il faut aller voir la ville d’Angers en devenir, le quartier des Capucins. J’ai trouvé l’exposition à la Mairie Annexe  expliquant les 16 cibles d’aménagement durable appliquées pour ce quartier très intéressante et convaincante. Et on peut aller faire un tour ensuite dans les ilots  voisin pour voir comment cela commence à se traduire.    Ce n’est pas du « Green Washing » utilisé par les promoteurs, c’est un vrai projet d’urbanistes modernes avec une vision  écologiste et humaniste (Cabinet Roland Castro et Sophie Denissof).  On commence à voir le maillage vers en trame quadrillée. Pas mal d’immeubles sont terminés, 4 ou 5 étages avec de la variété :  des décrochements et des duplex, des jardins intérieurs.  Il y a un peu trop de grilles à mon goût, mais bon c’est l’ambiance actuelle et c’est moins haut qu’au Moyen-Age... Il n’y a pas beaucoup de commerçants encore  sur la place Jean-Moulin, mais l’école est bientôt prête. Il y a déjà (ou encore ?)  des petits jardins ouvriers.   Rien à dire sur les transports, le fait d’avoir articulé cela avec le nouveau tram était courageux. A vélo, ce n’est pas loin du centre (mais il y a une bonne côte).

Bref, je pensais les Néerlandais champions en urbanisme moderne et écologique (à Amsterdam, il y a un nouveau quartier sur un polder gagné sur l’eau il y a peine 10ans, à Rotterdam il y a le projet Kop van Zuid sur les anciennes zones portuaires du centre), mais nous sommes en France  tout à fait à niveau avec de tels projets.capucins,castro,jean moulin

J’ai parlé dans ce blog des apports du XIXème et du XXème siècle à la ville,  que l’on observe facilement dans Angers actuelle. L’apport du XIXème siècle, c’est sûr,  sera écologique et social, et passera par des  quartiers comme les Capucins. En redescendant à vélo, je me suis arrêté devant la statue de Jean-Moulin qui domine la Maine. De François Cacheux encore, mais d'un plus grand format. Il marche d’un pas confiant son écharpe au vent. Beau symbole pour ce quartier.              

 

08/04/2012

Séduction ligérienne

Aussi vite je me suis senti séduit par la ville d’Angers en arrivant, aussi lentement je m’approche de la Loire.  Je m’en aperçois aujourd’hui, c’est un fleuve qui dans mon imaginaire est différent des autres, je me méfie  et je cherche pourquoi.

Enfant j’ai surtout connu la Seine et je pense percevoir la Loire toute en opposition. La Seine est un fleuve maîtrisé, canalisé, utilisé intensément pour le transport  jusqu’à Rouen et Paris où j’ai vécu. Les berges sont franches. Même dans son estuaire entre Rouen et le Havre les reliefs dans le rentrant de ses méandres sont rudes, j’ai escaladé les falaises de la Bouille.

Ici au contraire tout est instable et plat, et semble en mouvement : berges inondables, bancs, bras complexes, îles. L’école et les livres sont aussi pour quelque chose dans cette longue méfiance.  La Loire c’était la région des châteaux des rois,  des jardins, de la douceur à vivre  et j’étais plus attiré par l’aventure, les voyages lointains, les mers ou les montagnes. Maurice Genevoix m’ennuyait, je garde le souvenir d’ « Agnès, la Loire et les Garçons » comme d’un livre  trop lent, avec trop de  poésie et d’histoires de filles…

En fait c’est exactement cela : dans ma tête  la Loire est féminine et j’en ai un peu peur. Les autres fleuves sont masculins et sont des terrains de jeux plus faciles !Loire,Saintes-Gemmes,Genevoix,Seine

Alors aujourd’hui que je suis  grand ( !) et ai appris le plaisir du commerce féminin, j’entame  une  approche prudente, je vais me laisser séduire c’est sûr mais progressivement. Par les couleurs d’abord je crois. J’ai aimé entrevoir la Loire au travers des arbres depuis les jardins du presbytère de Sainte Gemmes sur Loire  puis  aller marcher dans la grande prairie entre le village et les berges. Il y avait là des verts frais de printemps à faire frémir un peintre.    

05/04/2012

Promenade de Printemps à l'Arboretum

Museum, arboretum voilà de jolis mots qui fleurent bon la science d'avant Internet … 

Il y a bien de la science à l’arboretum d’Angers, pour partie accessible au public. Un petit jardin, le Jardin des Biotopes  auquel on accède après avoir visité tout le reste,  présente les différentes végétations sauvages du Maine-et-Loire : le genêt des Landes atlantiques est actuellement en fleur ; les « végétations pionnières sur milieu schisteux »  m’ont réjoui par leur  nom aventureux et leur coté malingre mais  courageux ; on peut voir  dans le petit sous-bois  de l’Anjou oriental des jacinthes des bois en fleurs et des anémones sylvestres  (il y a donc  des anémones des bois en plus des terrestres et marines, voilà une espèce bien conquérante). Bref c’est dans la même veine que ce que l’on voit au muséum pour la faune d’Anjou, mais cette fois-ci pour la flore. C’est bien fait et didactique, et cela tombe à pic pour m‘apprendre à connaître les paysages du coin et leur flore car je commence à me promener  en dehors de la ville en ce début de printemps.  Le reste de la partie scientifique n’est pas accessible car il y a une fonction de conservation. C’est un peu frustrant pour le visiteur de passage mais je ne désespère pas d’accéder  au cours d’une visite et  d’aller voir les conifères ou les hortensias de plus près.

On accède à ce Jardin des Biotopes en dernier  car on tourne d’abord autour du « château » Arboretum,François Cacheux,Maine-et-Loirede Monsieur Allard le fondateur de l’arboretum, en fait une jolie maison XIXème avec des douves. On  traverse d’abord je jardin des ombrages où un grand séquoia fait effectivement de l’ombre aux statues de François Cacheux qui sont disposées là suite à son legs. Ses statues sont de la même veine que celle du Jardin des Plantes, c'est à dire charmantes, très naturelles.  Une ou deux  donnent quand même un petit vertige car il y a un côté « l’origine du monde » dans la pose de ces dames.  Le tronc du séquoia géant est lui-même une sculpture fantastique. Les écorces font d'ailleurs l'objet d'une exposition de surprenantes photos avec des couleurs incroyables de Cédric Pollet à l'arboretum et au muséum.    

A l’arrière de la maison une série de bustes de Cacheux regarde les magnifiques massifs de fleurs. Cela m’a fait plaisir de voir toutes ces fleurs à bulbe : pendant 10 ans aux  Pays-Bas je me suis retrouvé chaque année pour Pâques à aller visiter le parc de Keukenhof, passage obligé des visiteurs de Printemps venus de France. Eh bien le travail des jardiniers d’ici n’a rien à envier aux œuvres  des Néerlandais…    

J’ai été un peu plus perplexe quant au jardin des 5 sens, c’est très clos et minéral. J’imagine qu’il faut revenir là au moment des grandes chaleurs pour sentir les herbes dans une touffeur méditerranéenne.

C’est donc un bel endroit qui mélange sciences, parc floral et statues.  Et pour une fois on a le droit de marcher dans l’herbe…