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21/05/2012

La gare Saint-Laud

La gare Saint-Laud est la grande gare d’Angers.  On pourrait l’appeler la gare d’Angers plus simplement, car l’autre gare,  dite curieusement « Maitre Ecole » ne voit plus s’arrêter qu’un ou deux trains par jour !      

En y passant cet après-midi, je me disais que cette gare Saint-Laud  et tout le quartier autour,  sont très bien conçus et constituent  un atout pour la ville: cela donne une bonne image au nouvel arrivant. La gare elle-même n’est pas immense, ce n’est pas un noeud ferroviaire ,  mais le trafic TGV vers Paris ou  Nantes est important. Lorsqu’on descend du train, on se repère vite : un seul côté pour sortir, un  hall  clair, et dehors la place  de la gare est bien dégagée. Ce  n’est pas si  courant dans les grandes villes en France car les gares ont été créées au cours du XIXème siècle et se sont retrouvées très enserrées. Ou alors on a fait passer les voies en dehors de la ville comme à Tours et c’est encore moins pratique.

Ici en sortant pas trop de voitures,  à gauche la gare routière, à droite le tram. On est plutôt incité à prendre les transports en commun… Et c’est assez vert, il y a le gazon du tram, des petits arbres,   à fleurs rouge en ce moment.

On peut aussi avoir envie de partir en marchant. La place est en bel arrondi, avec les Place de la gare.jpgclassiques hôtels et brasseries de France et de l’Univers. La fontaine au milieu n’est pas ma préférée, les marbres font un peu modern style Trocadéro, et le statue de Vénus par Jacques Coquillay est dans un équilibre trop précaire à mon goût.  Mais le nouvel arrivant est poussé à continuer par la rue de la gare : encore une jolie perspective (j’en  suis à 9) vers la place de la Visitation et la statue de Marguerite d’Anjou. Le quartier est commerçant et sympa, pas sombre et glauque comme le quartier de la gare à Bordeaux.

Une chance de plus pour le futur : il y a la place pour le nouveau quartier d’affaire Gare + sur un grand espace laissé par le Sernam après la gare routière.  Il faudrait y placer quelques architectures ambitieuses, des tours élevés pour  donner une image moderne de la ville, attirer des entreprises  conquérantes…

  Crédit Photo: tofil44

16/04/2012

L'eau dans la ville

Lorsque nous observons aujourd’hui une ville, nous repérons assez facilement les grands travaux du XIXème siècle, les percées Hausmaniennes. Même si on nous dit que le maintien de l’ordre était une des raisons de réaliser les boulevards à Paris, il faut reconnaître au baron un utile talent de visionnaire pour les transports.  On fait passer aujourd’hui de tels  flots de voitures, de telles quantités de bus et des trams sur ses boulevards que l’on se demande ce que l’on ferait  si par exemple  toute le centre de la ville d’Angers  était comme la cité.

Ce que l’on voit moins  ce sont les  travaux  sur les réseaux d'eaux qu’il y eut à  la même époque... et cela est vrai aussi pour Angers.

Le déclencheur fut l’arrivée de la grande épidémie de choléra  en 1832 : 100 000 morts dans toute la France, et il faut lire les descriptions du  Hussard sur le toit de Giono pour  se rendre compte  de ce qu'était cette maladie. On ne savait pas trop comment se propageait le choléra, on suspectait des miasmes flottants dans l’air. En 1854 l’italien Filippo Pacini découvre le bacille mais on ne le croit pas, Pasteur s’y casse les dents et ce n’est qu’en 1883 que Robert Koch redécouvre le bacille en Egypte et que l’on prouve vraiment que c’est par l’eau qu’arrivait la contamination.  

Mais les hygiénistes avaient  déjà compris l’importance d’une eau saine, d’aliments propres, d’une évacuation séparées des eaux usées etc. et les Ponts et Chaussées s’ étaient  mis à l’œuvre pour créer de nouveaux réseaux: une nouvelle mission de progrès pour les ingénieurs de l'administration Centrale du Corps, irriguer les villes de France.

Marseille est en avance. Il faut dire que l’épidémie de choléra y a été terrible, et qu’il n’y avait  de disponible qu’un litre d’eau par jour et par personne (pour boire, se laver et faire sa cuisine… je ne vous parle pas de chasse d’eau).  Des travaux ont commencé en 1839 et en 1854 Marseille inaugure  le canal qui apporte l’eau de la Durance, qui passe en particulier sur un bel aqueduc à Roquefavour. Le palais Longchamp est construit par-dessus les réservoirs, avec des fontaines et cascades.

A Paris on s’occupe davantage des eaux usées  car il y a suffisamment d’eau dans les nappes. En 1854, commence un grand chantier  d’où sont issus les égoûts actuels. Auparavant   il n’y avait que quelques anciennes rivières recouvertes , comme la Bièvre ou le ru de Montmartre,  qui collectaient ce qu’elles pouvaient  et  emportaient le tout à la Seine. C'est d’ailleurs dans un de ces cloaques que  Jean Valjean se perd en 1832.

Et à Angers,  en 1854 aussi, la ville décide de créer une adduction d’eau depuis la Loire, de Mail Bassin.jpgpomper  l’eau avec une machine à vapeur et réaliser deux réservoirs dont l’un est dans l’actuel jardin du Mail. Le conseil municipal décide d’installer une jolie fontaine au-dessus du réservoir, et plus tard de réaliser un jardin autour.

Le Mail est donc l’équivalent du jardin de Longchamp de Marseille. Ces jardins nous viennent du travail des ingénieurs des Ponts-et-Chaussées sur l’eau, pas l’inverse : les  fontaines sont des agréments sur des ouvrages d’adduction.

Pas mal comme décoration… Surtout en ce moment  que le Mail est tout coloré de tulipes en fleurs.  Quant à la fontaine ce que je préfère ce sont les grenouilles tout autour qui crachent l’eau. A ce propos j'ai vu cet après-midi que deux d’entre elles ont conservé un cache-nez de l’hiver, elles ont bien fait car le printemps est encore bien frais...

 

03/04/2012

Izis le "colporteur d'images" à la bibliothèque universitaire

Il y a au moins 3 bonnes raisons d’aller faire un tour à la bibliothèque universitaire dans le campus Saint-Serge. 

D’abord le bâtiment de l’université est d’une architecture élégante. Il se  présente comme un peigne avec un rythme de bâtiments blancs donnant sur une grande surface d’herbe. L'ambiance sur l'herbe était  très cool cet après-midi  en ces beaux jours de printemps. Avec le beau bâtiment de la maternité de l’hôpital de  l’autre côté de la Maine, dont les damiers noirs et blancs me semblent repris aussi de ce côté-ci, il constitue un bel ensemble d’architecture contemporaine tout près du centre d’Angers.

Biblio Universitaire.jpgEn entrant dans la bibliothèque, j’ai  trouvé que l’architecture intérieure était  encore plus belle avec de  grandes hauteurs,  des mezzanines en bois clair, de belles harmonies de couleurs et un éclairage azimutal. Cela doit être un vrai plaisir de venir travailler là. Et il n'y apparemment pas besoin d'être étudiant pour cela: il y a un endroit très agréable qui domine la Maine par une grande baie  où l’on peut venir lire la presse ou des revues intellos  passionnantes mais que l’on n’a pas envie d’acheter (les Débats, Futuribles, Esprit etc.). Je vais revenir une fois par mois c’est sûr.

La troisième raison, c’est qu’il y a un espace d’exposition de photos à l’entrée de la bibliothèque (et également à la galerie 5 dans une autre bibliothèque à Belle-Beille). En ce moment ce sont des superbes photos d’Izis, unIzis.jpg photographe de Paris-Match des années 50 et 60. Il y a des portraits (Roland Petit qui danse avec ses doigts,  Breton devant ses statuettes primitives, Utrillo en train de peindre, Léotaud, Duke Ellington, Céline,  P.E.Victor, Piaf etc.), et des photos de gens simples aussi (des mineurs, des pèlerins à Fatima, des réfugiés).  La bibliothèque a en dépôt de plus un fond de photos de Dityvon et les expositions de photos sont régulières.

Le seul problème je pense c’est d‘attirer en cet endroit d'autres  visiteurs que les étudiants.  Même si c’est très proche du centre on ne tombe pas là-bas par hasard. Alors si vous voulez y aller, traversez la grande surface d’herbe que l’on voit du tram, et la bibliothèque est au milieu !   Cela vaut la peine.