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28/03/2012

Confluences

Je viens de passer  10 belles années aux Pays-Bas, à Amsterdam puis à Rotterdam.

J’ai aimé là-bas , le vélo,  l’attention à l’environnement, le soucis du bien vivre ensemble dans les villes, la protection sociale élevée, les canaux , Rembrandt et Vermeer, les fleurs au printemps, la gentillesse des voisins  et les fêtes « gezellig » (mot intraduisible en Français, mais très important aux Pays-Bas : dans une fête « gezellig »  on boit un peu de bière, on est serrés, on rit, bref on est bien entre amis comme dans un tableau de Breughel).

Et plein d’autres choses encore.

Les Néerlandais sont ouverts sur le monde, accueillants,  ont la capacité de débattre de tous les problèmes de société locaux ou nationaux d’une manière mesurée et constructive, ils sont très égalitaires. Les principes de fonctionnement de leur société sont  inspirés de l’organisation qu’ils ont mise en place depuis le Moyen-Age pour gérer l’eau: les  Conseils de l’eau sont nés vers le XIIIème siècle  et continuent d’exister avec pour rôle d’entretenir les digues, d’assécher les polders et  d’assurer la sécurité commune même en cas de tempête. Cela crée de la solidarité…

Tout cela pour dire que je redoutais le retour en France sur certains points. Je repensais à cette réputation d’individualistes et de râleurs qui nous colle à la peau. Je craignais un moindre souci de l’environnement. Je m’attendais à ne pas pouvoir  faire facilement du vélo et à réutiliser ma voiture pour tout.

Et bien,  en fait, je suis plutôt agréablement surpris par ce que j’ai trouvé à Angers.

J’ai trouvé des pistes cyclables et je fais du vélo sans me frotter aux autos jusqu’ici.

On parle d’environnement et cela semble assez crédible à la fois au niveau des comportements individuels et de l’aménagement  de la ville ou de la région (par exemple j’ai entendu plusieurs fois des gens me recommander  de prendre un mode de transport « doux », ou alors la campagne actuelle zéro pesticide, ou bien encore et plus sur le fond la composante environnementale du projet  Rives Nouvelles).

Il y a de la concertation et des débats et les gens y participent en se respectant me semble-t-il  (Rives Nouvelles encore, le contournement, les conseils de quartier).

Bon je n’ai pas encore participé à une fête vraiment « gezellig »  mais j’attends le carnaval…

Alors je me suis demandé s’il y avait une grande tendance :  évoluons nous tous dans les pays européens vers les mêmes vertus ?

Ou alors suis-je tombé sur une exception en France ? Une région ou une ville un peu différente du reste et  pas si éloignée de l’état d’esprit néerlandais.

Je crois que c’est plutôt cela, les confluences ont peut-être conduit à l’habitude des autres, à l’écoute, au dialogue et au soucis de l'environement partagé.  Les digues de Loire ne seraient elles pas des cousines des digues de Meuse ? En tout cas je n’y suis pas si dépaysé.

confluence.jpg

 

 

 

16/03/2012

La chapelle de l'hôpital

De passage par l’hôpital, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller jeter un coup d’œil à la chapelle : son fier dôme lui donne un air de Val de Grâce. Bon, il ne faut pas pousser la comparaison trop loin…  la taille n’est pas même et son élancement lui donne plus un format suppositoire  qu’à Paris. 

L’édifice est beaucoup plus récent, du XIXème mais je n'ai pas d'info précise car je n'ai pas trouvé la moindre notice historique. Une plaque sur la façade rappelle cependant ses glorieuses ascendances.  Il y a eu là l’Hôtel-Dieu  des Pénitents, des Renfermés et des Incurables. C’est bien de pouvoir dire maintenant  « je vais au CHU »  plutôt que de dire « je vais à l’Hôtel-Dieu  des Pénitents, des Renfermés et des Incurables ». Il y eut ensuite l’Hospice Saint-Anne, puis l'Hôpital Saint-Jean.  Notez le glissement sémantique: Hotel-Dieu, Hospice, Hopital, CHU; au lieu de placer son destin exclusivement entre les mains de Dieu, on le confie progressivement aux médecins et à la technique. 

La  plaque rappelle aussi  la liste des généreux donateurs. Elle commence par Henri II Plantagenêt ;  suivent le pape Alexandre III et un Duc de Bretagne.  La liste se termine par les noms de quelques veuves ayant fait des dons à l’hôpital  après la 1ère guerre mondiale. Mais il y a encore de la place pour d’autres noms, et ceci me semble une opportunité unique d’avoir son nom passant à la postérité au côté des Plantagenêt.

Dans la série des édifices religieux astucieusement (?) reconvertis, l’administration de l’hôpital a décidé d’utiliser celui-ci pour recevoir les assurés sociaux en  plaçant des petits guichets sous sa grande voute … On peut quand même y entrer et  bien voir les peintures murales très colorées et très saintes.

Hopital Saint-Jean,Confluences

En fait ce que j’aime surtout c’est la perspective que l’on a créée récemment sur ce dôme en lançant  la jolie passerelle "Confluences"  qui sert pour le tram, les vélos et les piétons. Cela fait une belle liaison pour traverser la Maine entre la nouveau quartier Saint-Serge et la rive droite, sans voiture qui plus est: c'est un  vrai plaisir que  d'aller se faire soigner...  Allons donc la Maine n'est plus le Styx!