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16/04/2012

L'eau dans la ville

Lorsque nous observons aujourd’hui une ville, nous repérons assez facilement les grands travaux du XIXème siècle, les percées Hausmaniennes. Même si on nous dit que le maintien de l’ordre était une des raisons de réaliser les boulevards à Paris, il faut reconnaître au baron un utile talent de visionnaire pour les transports.  On fait passer aujourd’hui de tels  flots de voitures, de telles quantités de bus et des trams sur ses boulevards que l’on se demande ce que l’on ferait  si par exemple  toute le centre de la ville d’Angers  était comme la cité.

Ce que l’on voit moins  ce sont les  travaux  sur les réseaux d'eaux qu’il y eut à  la même époque... et cela est vrai aussi pour Angers.

Le déclencheur fut l’arrivée de la grande épidémie de choléra  en 1832 : 100 000 morts dans toute la France, et il faut lire les descriptions du  Hussard sur le toit de Giono pour  se rendre compte  de ce qu'était cette maladie. On ne savait pas trop comment se propageait le choléra, on suspectait des miasmes flottants dans l’air. En 1854 l’italien Filippo Pacini découvre le bacille mais on ne le croit pas, Pasteur s’y casse les dents et ce n’est qu’en 1883 que Robert Koch redécouvre le bacille en Egypte et que l’on prouve vraiment que c’est par l’eau qu’arrivait la contamination.  

Mais les hygiénistes avaient  déjà compris l’importance d’une eau saine, d’aliments propres, d’une évacuation séparées des eaux usées etc. et les Ponts et Chaussées s’ étaient  mis à l’œuvre pour créer de nouveaux réseaux: une nouvelle mission de progrès pour les ingénieurs de l'administration Centrale du Corps, irriguer les villes de France.

Marseille est en avance. Il faut dire que l’épidémie de choléra y a été terrible, et qu’il n’y avait  de disponible qu’un litre d’eau par jour et par personne (pour boire, se laver et faire sa cuisine… je ne vous parle pas de chasse d’eau).  Des travaux ont commencé en 1839 et en 1854 Marseille inaugure  le canal qui apporte l’eau de la Durance, qui passe en particulier sur un bel aqueduc à Roquefavour. Le palais Longchamp est construit par-dessus les réservoirs, avec des fontaines et cascades.

A Paris on s’occupe davantage des eaux usées  car il y a suffisamment d’eau dans les nappes. En 1854, commence un grand chantier  d’où sont issus les égoûts actuels. Auparavant   il n’y avait que quelques anciennes rivières recouvertes , comme la Bièvre ou le ru de Montmartre,  qui collectaient ce qu’elles pouvaient  et  emportaient le tout à la Seine. C'est d’ailleurs dans un de ces cloaques que  Jean Valjean se perd en 1832.

Et à Angers,  en 1854 aussi, la ville décide de créer une adduction d’eau depuis la Loire, de Mail Bassin.jpgpomper  l’eau avec une machine à vapeur et réaliser deux réservoirs dont l’un est dans l’actuel jardin du Mail. Le conseil municipal décide d’installer une jolie fontaine au-dessus du réservoir, et plus tard de réaliser un jardin autour.

Le Mail est donc l’équivalent du jardin de Longchamp de Marseille. Ces jardins nous viennent du travail des ingénieurs des Ponts-et-Chaussées sur l’eau, pas l’inverse : les  fontaines sont des agréments sur des ouvrages d’adduction.

Pas mal comme décoration… Surtout en ce moment  que le Mail est tout coloré de tulipes en fleurs.  Quant à la fontaine ce que je préfère ce sont les grenouilles tout autour qui crachent l’eau. A ce propos j'ai vu cet après-midi que deux d’entre elles ont conservé un cache-nez de l’hiver, elles ont bien fait car le printemps est encore bien frais...

 

05/02/2012

Dimanche enneigé

C’était aujourd’hui  mon premier jour de neige à Angers, et c’était bien que ce soit un Dimanche…

J’ai pu me promener ce matin dans la ville où l’air était aussi tout ouaté : pas encore d’auto, quelques cris d’enfants qui jouaient aux boules de neige, des chiens qui courraient en aboyant tout excités de la neige.

Mail,neigeUn groupes de sages petites japonaises se promenait dans les allées Jeanne-d’Arc en s’émerveillant du spectacle.Les gens étaient contents, ils se  parlaient comme on se parle pas d’habitude.  Tout le monde faisait des photos, et tout le monde a photographié la statue du jardin du Mail que j’aime bien. Il faut dire que la neige lui avait placé un cache-sexe du meilleur effet…  Enfin un peu de pudeur après des années d’indécence.

 

22:25 Publié dans Les jardins, Les statues | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mail, neige

02/01/2012

Le Jardin du Mail

J’avais toujours pensé que je préférais de beaucoup les jardins à l’anglaise, que je me promenais plus volontiers aux Buttes Chaumont  ou à Montsouris qu’au jardin des Tuileries. Il m’a fallu habiter aux Pays-Bas où il n’y a pas de jardin à la française (les Néerlandais sont tellement  en manque  de « vraie » nature qu’ils ne peuvent imaginer un jardin qu’imitant la nature) puis revenir pour m’apercevoir que j’aimais aussi ces grand ordres et symétries. 

Et oui, j’ai découvert avec plaisir le jardin du Mail et sa place dans la ville classique : la façade de la mairie qui ferme la perspective d’un côté, et les allées Jeanne d’Arc qui la continue de l’autre. Les fiers frontons de la mairie, du palais de Justice, les hôtels  particuliers à distance et cet espace presque vide de jardin au centre où le minéral est presqu’aussi présent que le  végétal.  On  a l’impression qu’un maitre d’œuvre y a posé des éléments de choix en une mise en scène grandiose : la grande fontaine, le kiosque à musique, quelques massifs de fleurs taillés aux cordeaux, des statues blanches de nymphes à moitié découvertes. Tout n’est pas réussi, les 4 lions maronnasses détonnent : pas très fins, pas très heureux.

La périphérie, un peu moins guindée,  est charmante : les jeux d’enfants, le tour de poney le dimanche, le joli bâtiment du restaurant.  Il manque quelques éléments des grands jardins parisiens : le Guignol, un loueur de bateaux pour faire des navigations sur le grand bassin, des joueurs d’échec s, mais on n’aurait pas la place de mettre tout ce monde-là.  Non, il y a actuellement juste ce qu’il faut de monde, des vieilles dames distinguées qui promènent leur chien, des enfants qui jouent  (on s’attend à les voir sortir leurs cerceaux), des lycéens qui flirtent sur les bancs, des africains qui viennent y trouver le calme du dimanche.

Si l’on s’y promène un jour de soleil,  de bonne heure le matin quand tout est vide, on peut se croire dans un tableau surréaliste, Dali ou Chirico, cherchons la Montre molle et les tiroirs dans la statue.

Mais ce que je préfère dans tout le Mail,  n’est pas  un attribut du jardin à la française, mais une statue un peu différente, qui détonne un peu.  Je ne dois pas être encore tout à fait rapatrié !  C’est la sAngers,Mail,Statuestatue du côté des allées Jeanne d’Arc : une jeune femme à chignon  appuyée sur une pierre et qui se caresse un sein. Ces cuisses sont rondes, ses chevilles pas très fines, ce n’est vraiment une Venus ou une Diane. Mais elle est très naturelle, très belle je trouve. Je crois que je vais la placer haut dans le classement des statues Angevines…